Waarom produceren in het Verre Oosten niet altijd werkt
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Délocaliser la production en Extrême-Orient : pourquoi n’est pas toujours une bonne idée ?

Ces dernières décennies, l’industrie manufacturière belge a délocalisé massivement sa production en Extrême-Orient, dans des pays où les charges salariales sont faibles. Mais si elle offre un avantage budgétaire, la délocalisation des processus de production dans des pays comme la Chine et l’Inde, s’assortit de quelques désavantages financiers importants aussi. Et ce alors que les entrepreneurs qui produisent en Europe bénéficient de plus en plus d’un gain de productivité et d’un avantage de marketing.

Vous préférez acheter certaines pièces ou des produits finis à l’étranger plutôt que de les produire vous-même ? Vous avez opté pour des fournisseurs en Chine, au Vietnam ou en Thaïlande ? Vous n’êtes pas le seul. Les charges salariales sont lourdes en Belgique, surtout dans les secteurs nécessitant une importante main-d’œuvre. Dans certaines industries, la production dans des pays étrangers lointains est la règle plutôt que l’exception. Depuis les années 1970, la majorité du secteur textile de notre pays a déplacé progressivement sa production en Asie, puis en Inde.

Même si elle est courante, la délocalisation de la production en Asie ne peut pas devenir un choix évident pour les entreprises de l’industrie manufacturière. Car la décision implique quelques risques importants.

Le grand problème du cash-flow

Si vous décidez de travailler avec une entreprise en Chine, vous pouvez difficilement la contrôler au préalable, encore moins régulièrement. Tout comme il est pratiquement impossible pour l’entreprise chinoise d’évaluer un partenaire commercial en Belgique. C’est pourquoi un fournisseur asiatique demandera (presque) toujours un acompte ou un paiement au comptant. Pour vous assurer de la qualité fournie, vous devrez aussi vous rendre régulièrement en Chine, ou recruter un agent local, et en payer les coûts avant même votre première vente.

Les entreprises qui sont dépendantes sur leur marché national des délais de paiements (longs) de la part des clients, doivent disposer d’un cash-flow très important pour faire face aux revers éventuels. Si la demande baisse soudainement, si un gros client cesse d’acheter du jour au lendemain ou si certains clients ne paient pas à temps, la continuité de l’entreprise s’en voit compromise.

L’entreprise qui produit en Europe encourt nettement moins de risque de rencontrer des problèmes de cash-flow. Comme les entreprises européennes peuvent se contrôler facilement, les fournisseurs sont plus enclins à octroyer du crédit aux clients.

Marketing : une arme à ne pas négliger

Made in Belgium est une marque forte. Les consommateurs sont de plus en plus critiques, également en ce qui concerne la provenance de leurs produits. La production locale devient un argument de vente plus décisif. Les consommateurs apprécient le Made in Belgium associé à la qualité, la fiabilité et l’entreprise socialement responsable. Un entrepreneur qui produit en Belgique ou en Europe et le fait valoir dans son marketing peut également demander un prix plus élevé pour ses produits.

La marque belge de montres Ice-Watch, par exemple, a annoncé l’année dernière son intention de rapatrier les 120 emplois ouvriers de ses usines de sous-traitance de Shenzhen (Chine) dans sa nouvelle usine à Bastogne. Le CEO Jean-Pierre Lutgen n’a pas caché la raison de cette décision. ‘Notre ambition est d’utiliser le Made in Bastogne ou Made in Belgium comme label de qualité.’

Savoir-faire, productivité et flexibilité : les points forts européens

Les charges salariales sont bien plus élevées en Europe qu’en Asie, mais notre continent offre certains atouts importants. L’Europe dispose de bien plus d’ouvriers qualifiés, ce qui est un grand avantage, sachant que la productivité de ceux-ci est beaucoup plus élevée que celle des ouvriers non qualifiés.

L’Europe dispose également d’une importante main-d’œuvre diplômée de l’enseignement supérieur et d’un immense savoir-faire technologique, un avantage réel sur un marché où l’innovation et la technologie gagnent sans cesse en importance. Bien sûr, il est toujours possible d’exporter un savoir-faire dans les pays à bas salaires, mais est-ce bien intelligent ? Des producteurs de panneaux solaires sont ainsi partis en Asie pour profiter des faibles charges salariales, mais après quelques années, ils ont dû faire face à la concurrence d’alternatives asiatiques bien moins onéreuses.

La distance est un dernier atout. La production locale est associée à des coûts logistiques moins élevés, mais aussi à une grande flexibilité. Un entrepreneur qui parvient à livrer Just In Time peut économiser sur les coûts d’entreposage et réagir rapidement aux changements de préférences des clients. La possibilité de pouvoir livrer rapidement ou non est un argument qui pèse de plus en plus lourd dans les négociations avec les acheteurs éventuels.

Conclusion : comparez bien les coûts et bénéfices

Sous-traiter la production à des fournisseurs dans des pays étrangers (lointains) n’est pas qu’une question de charges salariales. C’est un exercice de réflexion complexe, où il y a lieu de tenir compte des délais de paiement, du cash-flow, de l’aspect risk & compliance, de la gestion de stock, des coûts logistiques, du souhait des clients d’être livrés rapidement et du marketing. Les entreprises de l’industrie manufacturière qui veulent jouer intelligemment les atouts de l’Europe peuvent également être rentables avec une production locale : le groupe textile de Meulebeke Libeco-Lagae, l’une des entreprises nominées pour le Lion de l’exportation en 2015, le prouve. Cette entreprise occupant 190 collaborateurs s’est taillé une réputation internationale avec ses textiles belges.

Mais alors, la production en Extrême-Orient est-elle profitable à quelqu’un ? Oui, mais à condition que ce soit un choix éclairé. Étudiez toujours les alternatives et soyez conscient du fait que ce n’est pas une bonne solution pour toutes les entreprises.

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