Criminoloog Jelle Janssens: ‘Grote verwevenheid tussen criminele wereld en bedrijfsleven’
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Criminologue Jelle Janssens : « Grande interdépendance entre le monde criminel et le monde des affaires »

L’interdépendance entre le monde du crime organisé et le monde des affaires n’est pas nouvelle. Mais selon le criminologue Jelle Janssens, ce qui est en train de se répandre, c’est la prise de conscience sociale croissante que les deux mondes sont étroitement liés. « Dans le passé, la situation a sans doute été aussi grave, mais ce n'est que récemment que nous nous sommes penchés dessus et que de plus en plus de cas se sont présentés », déclare-t-il.

La dernière Graydon Inspiration Session avait pour thème principal la fraude. Jelle Janssens, criminologue et professeur à l'Université de Gand, était l'un des orateurs enthousiastes à avoir pris place sur la scène. Il mène des recherches sur tout ce qui concerne le crime organisé, mais aussi sur la criminalité financière et économique. Janssens parle d'une interdépendance de plus en plus forte entre le monde criminel et le monde des affaires.

Comment cette interdépendance se manifeste-t-elle ?

La supercherie est le fil conducteur de toutes ces pratiques. Les organisations criminelles reprennent principalement une entreprise légale, par exemple un hôtel, ou investissent dans celle-ci. Ils loueront ensuite 70 % de la capacité à des touristes réguliers. Les 30 % restants ne sont pas loués dans la pratique, mais ce n'est pas le cas dans les livres. L'hôtel est toujours complet sur papier. L’entreprise légale agit donc comme une machine à blanchir de l’argent. « Il existe des organisations criminelles professionnelles qui se consacrent spécifiquement à cela », explique le criminologue Jelle Janssens.

« Veuillez noter qu'il ne s'agit que d'un exemple et que le phénomène ne se limite absolument pas à l'industrie hôtelière. Il y a aussi des exemples avec des supermarchés, des poissonneries, des salons de massage, des restaurants, des car-wash, etc. »

Parfois, des accords sont même conclus entre des organisations criminelles et des entreprises légales. Naturellement, aucun entrepreneur honnête ne souhaite contribuer à de telles transactions. C’est pourquoi, ces cas impliquent également de l'extorsion et du chantage. Par exemple, les criminels peuvent parfois posséder des informations compromettantes sur le CEO pour le faire chanter. Ces pratiques font néanmoins partie de l'ambition des organisations criminelles de jouer un rôle dans une économie légale.

Le danger : saper l'économie légale

Le professeur Janssens précise que le crime organisé utilise ainsi l'infrastructure économique et juridique locale et légale, y compris les services de groupes professionnels spécifiques. Il utilise des secteurs économiques - l'hôtellerie, les transports, la finance, des nœuds de distribution tels que les ports et les aéroports - pour effectuer, déguiser et/ou investir de l'argent criminel.

Selon Jelle Janssens : « Le crime mine l’économie, car il a le potentiel de voler une influence sociale et économique telle qu'il sape les fondements d'un État Constitutionnel. De cette façon, il menace également la sécurité et l'intégrité de la société en soi. En bref, il y a de quoi s'inquiéter concernant l'interdépendance du monde supérieur et du monde inférieur. »

Comment cette influence négative se manifeste-t-elle ?

Les revenus illégaux sont investis dans de nombreux secteurs, tels que le secteur immobilier et le secteur des transports. Mais les boutiques de mariage, les salons de massage et même les supermarchés ne sont pas non plus à l’abri du blanchiment d’argent, selon Jelle Janssens. Le gros problème réside dans le fait qu'ils proposent des marchandises et des services à des prix infimes. Pour les entrepreneurs légaux, cela entraîne des faillites. En effet, ils ne peuvent pas rivaliser avec ces pratiques.

De plus, ces entrepreneurs criminels n’ont pas toujours l’intention de diriger leur entreprise comme un bon père de famille. Ils prennent par exemple les commandes sans avoir l'intention de les livrer. Cette infiltration engendre une concurrence déloyale, une atteinte à la réputation de certains secteurs et zones commerciales, etc.

Parfois, il peut même aussi y avoir un lien avec la politique (locale). « Le crime organisé a de nombreux visages. Au cours des 15 à 20 dernières années, ces pratiques sont restées fortement sous-exposées », déclare Jelle Janssens. « Le résultat est qu'aujourd'hui ce phénomène est beaucoup plus présent à certains endroits que par le passé. En Belgique, les provinces d’Anvers, du Limbourg et de Namur ont entre-temps mis en place des Centres d'expertise et d'information d'arrondissement (ARIEC) pour lutter contre l’interdépendance et la facilitation du crime organisé par le biais de mesures administratives. »

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